12/12/2014

Pour lutter contre l'alcoolisme, les pubs sont ouverts 24 heures sur 24.

SI «L'HOMME IVRE s'entretient avec les dieux» comme l'assure un proverbe chinois, alors, les piliers de pubs anglais communiquent directement, quotidiennement et immodérément, avec Bacchus. Mais, leur credo dans la pinte, fût-il divinement inspiré, n'est pas inoffensif. L'extase alcoolique dérange le cerveau et gâte le foie, rappelle le corps médical. L'éthylisme fervent encombre les caniveaux, vide les lieux de travail et emplit les hôpitaux, relèvent la police et les sociologues.


Les tenanciers de pubs anglais et gallois ont la possibilité de servir de l'alcool dans leurs établissements, 24 heures sur 24.

Paradoxal ? Pas vraiment, si on s'en tient à l'explication du gouvernement. Depuis la Grande Guerre, en effet, la loi imposait la fermeture des pubs à 23 heures. Anachronique Et un peu tôt, relèvent les amateurs d'ale tiède, de stout et de boissons fortes. C'est pourquoi, trente minutes avant la clôture, le tenancier lançait un vibrant «Last orders, gentlemen !» à la cantonade. La dernière chance de faire provision de breuvages pour continuer à lever le coude, même à l'extérieur du local. Le gouvernement s'est avisé que la période de libre consommation était trop restreinte et encourageait à la surconsommation dans le moins de temps possible. Conclusion : en augmentant les heures d'ouverture, la tentation de boire beaucoup, rapidement, jusqu'à s'enivrer, sera moins grande.


Expériences pilotes positives

Les experts, catastrophés, prédisent des lendemains à gueule de bois. L'Association des chefs de police annonce la recrudescence des viols, des crimes et des troubles sur la voie publique. L'expérience prouve que la libéralisation de l'offre d'alcool a toujours été suivie d'une augmentation substantielle des problèmes liés à la consommation.


Les expériences pilotes d'ouverture permanente des pubs menées en Angleterre et au pays de Galles l'été dernier ont abouti à une baisse de 9% des bagarres et des désordres publics, fait observer le Home Office. En outre, une fraction, seulement 359, pour l'heure, des 160 000 débits de boissons, disposera d'une licence d'ouverture 24 heures sur 24. 56 000 et jusqu'à 70 000, seront autorisés à servir de l'alcool quelques heures en plus chaque semaine. Enfin, le succès ou l'échec de la nouvelle loi sera testé dans dix villes anglaises et galloises de référence. «Il est temps de traiter nos concitoyens comme des adultes», estime James Purnell, le secrétaire d'Etat en charge de la réforme.

 

 

 

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Les départements se mobilisent contre le froid

Quatre départements ont déclenché le niveau 3 et 67 le niveau 2. Une vague de froid s'abat sur le pays et devrait durer jusqu'à vendredi. Les capacités d'accueil des SDF et les équipes d'urgence sociale ont été renforcées.

vague de froid.jpgQuatre départements français ont déclenché ces dernières heures le niveau 3 du plan grand froid qui permet un renforcement des capacités d'accueil des SDF et des équipes d'urgence sociale, tandis que 67 étaient concernés par le niveau 2.

Dimanche soir, seuls 37 départements avaient atteint le niveau 2 de ce plan, qui en compte trois. Le niveau 3 a été déclenché dans le Lot et l'Aveyron, des températures ressenties exceptionnellement basses de -10 à -17 degrés étant attendues pour les deux jours à venir, ainsi que dans les Ardennes et la Haute-Loire.

Le préfet de police de Paris Pierre Mutz a décidé de déclencher le niveau 2 du plan d'urgence hivernale à Paris, a annoncé la préfecture de police (PP), soulignant que Météo-France prévoyait «une chute des températures particulièrement basse à partir de la nuit prochaine (de lundi à mardi) ainsi que des chutes de neige». L'ensemble des départements d'Ile-de-France était concerné, selon le ministère.

Au nord de la capitale, les trois départements de Picardie (Aisne, Somme et Oise), ainsi que le Pas-de-Calais, ont déclenché lundi le niveau 2, déjà en vigueur dans le Nord depuis dimanche. La plupart des départements de l'ouest, où des températures négatives sont attendues, étaient passés lundi au niveau 2. Il était déjà en vigueur depuis dimanche dans la Sarthe, en Ille-et-Vilaine ou Vendée. Il a été déclenché lundi dans les Côtes-d'Armor, la Manche, l'Eure, en Seine-Maritime, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Mayenne, Indre et dans la Vienne.

Dans le sud, le niveau 2 a été activé mardi dans l'Aveyron et lundi dans les Pyrénées-Orientales et la Gironde.

Dans l'est, la Lorraine et le Territoire de Belfort restent au niveau 2. Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont également concernés.

Les 67 départements passés au niveau 2 sont: Ain, Aisne, Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Aube, Aude, Aveyron, Calvados, Charente, Charente-Maritime, Cher, Côte-d'Or, Côtes-d'Armor, Doubs, Eure, Eure-et-Loir, Haute-Garonne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Haute-Loire, Loire-Atlantique, Lot-et-Garonne, Lozère, Maine-et-Loire, Manche, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Morbihan, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Rhône, Saône-et-Loire, Sarthe, Savoie, Haute-Savoie, Paris, Seine-Maritime, Seine-et-Marne, Yvelines, Deux-Sèvres, Somme, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Vosges, Yonne, Territoire de Belfort, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d'Oise.

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La leçon des radars

Du jamais-vu depuis... le début des années 1950. Au-delà de la symbolique dérisoire des chiffres ronds, ce nouveau recul de la mortalité routière est le résultat d'un effort de plus de trente ans qui s'est accéléré ces trois dernières années avec l'apparition des radars automatisés, pourtant très décriés.


La France revient de loin. La prise de conscience remonte à 1972, lorsque Jacques Chaban-Delmas était à Matignon. Cette année-là, tous les records avaient été battus : 400 000 blessés et plus de 16 000 morts sur les routes de France. Une hécatombe, alors que la circulation n'avait pas atteint la densité que nous connaissons aujourd'hui. Les foyers français n'en étaient pas à rêver d'une seconde voiture ; le réseau autoroutier était très imparfait ; le transport de marchandises empruntait encore amplement le chemin de fer ou la voie d'eau. Mais notre réseau était alors parmi les plus dangereux du monde occidental. Deux à trois fois plus que ceux de Grande-Bretagne ou d'Allemagne.


Face à un tel fléau, les gouvernements n'ont eu d'autre choix que d'imposer des règles toujours plus contraignantes. Et pourtant, malgré les protestations et les polémiques, les bilans n'ont cessé de s'alléger année après année. Même si le constat a quelque chose d'agaçant, il faut bien reconnaître qu'à chaque nouvelle mesure correspond un palier dans la baisse : la limitation de vitesse et le port obligatoire de la ceinture dans les années 1970, l'abaissement de l'alcoolémie autorisée au tout début des années 1980, le permis à points et le contrôle technique décidés dans les années 1990 par Michel Rocard. A contrario, on a constaté une stabilisation à 8 000 tués par an pendant la durée du gouvernement Jospin. Ce dernier s'était fait fort de diviser le chiffre par deux, mais sans proposer de nouvelle mesure. Les seules incantations de Jean-Claude Gayssot n'ont pas suffi.


Une nouvelle rupture est clairement apparue en 2002, lorsque Jacques Chirac a pris l'engagement de faire de la sécurité routière l'une des grandes priorités de son second mandat. Énergiquement soutenu par son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, le président de la République a engagé l'installation de ces radars automatisés. Une décision courageuse parce qu'a priori très impopulaire. L'effet psychologique a dépassé les prévisions les plus optimistes. Sans attendre que le premier radar ne soit mis en service, les esprits ont soudain évolué. Les Français ont spontanément levé le pied. On a compté, depuis, près de 40% de tués en moins sur les routes, soit autant de vies fauchées et de familles brisées en moins. Du jamais-vu en Europe. Un résultat qui pèse lourd dans le bilan d'un homme public.


Au-delà, cette affaire des radars apparaît comme une belle leçon de volonté politique dans l'intérêt bien compris des Français. En quatre ans, le coût exorbitant des accidents de la route pour la collectivité est passé de 30 à 24 milliards d'euros par an pour un investissement de 400 millions (l'achat des 1 000 premiers radars). Quel dommage d'avoir tant attendu !

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