02/06/2015

Histoires d'eaux.

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- Spécial paréo.
" Le flacon a la couleur des lagons turquoise de Polynésie ", dit Daniel Tribouillard, fier de la dernière création de Léonard Parfums, l'Eau Fabuleuse, qui fleure bon le lotus et le thé vert. " Je la vois bien sur une jeune femme en paréo ", conclut-il. Le flacon Oscar Tropical d'Oscar de la Renta invite également à l'évasion avec son dégradé bleu des mers du Sud et sa fragrance fruit de la Passion.

- Romantique.
Lancaster, la marque des produits solaires, a imaginé deux fragrances. Summer Moods Day est une eau florale pétillante pour la journée. Au coucher du soleil, on préfère Summer Moods Night au parfum d'héliotrope.

- Passionnée.
La belle Naomi Campbell a jeté son dévolu sur la fleur de la Passion dans l'eau de toilette Exult. " C'est une fleur qu'il fallait explorer car elle évoque la gaieté, l'amour, la joie de vivre. " À noter : la pulpeuse carambole au goût acidulé ajoute sa part de gourmandise sensuelle… EnvoÛtantes : les eaux d'orient Riches, opulentes, elles ont pour elles une fraîcheur sexy. Un paradoxe qui les rend très séduisantes.

- Obsédant.
Chef de file des orientaux modernes, Obsession de Calvin Klein vise la fraîcheur. L'esprit sensuel, un peu provoc des bois et du musc est temporisé par des fleurs fraîches. Lancé aux États-Unis il y a trois mois, Sheer Obsession fait un tabac !

- " Eaux fortes ".
" L'idée de faire du frais avec des notes opulentes, cette alliance des contraires n'a rien d'incompatible ", explique Christine Nagel, parfumeur. Ainsi l'Eau Torride de Givenchy qu'elle a créée, sous ses airs glacés d'agrumes-bambou infusés dans du thé, révèle le sillage sensuel du jasmin sambac. Pour Histoire d'Eau de Mauboussin, Christine a voulu " une eau d'épices ", fraîche, puissante. Dans le même esprit : Trussardi Skin, un concentré de bois, de mousse, " dopé " par la camomille amère. Et aussi, l'Eau de Fraîcheur Sensations de Jil Sander.

- Orient extrême.
Opium d'Yves Saint Laurent révèle sa version estivale : Opium Eau d'Été. Dedans moins de fleurs, de fruits mais un nouvel " accord solaire " (vanille, myrrhe) qui exhale le parfum de la peau. Serge Lutens a, lui, repensé Ambre Sultan comme une Cologne légère, très confort. Délectables : les eaux de fruits La part belle est faite aux agrumes à la fraîcheur acidulée. Classique, direz-vous ? Goûtez-les : vous y découvrirez un soupçon d'amertume très tendance…

- Citron à l'honneur.
Pour l'été 2002, Marie Dumont (L'Artisan Parfumeur) voulait une fragrance fraîche, une note citron qui ne tombe pas dans la mièvrerie. Le résultat ? Une eau inspirée par l'arbre plus que le fruit avec un côté bois-zeste - d'où son nom Zeste d'Été - très original. Complètement citronnée également, eau de toilette Citron de Fragonard ; plus citron vert, Citron Citron de Miller Harris (Le Bon Marché).

- Mi-fruits - mi-fleurs.
Il est des associations magiques. La preuve ? Quel Amour des parfums Goutal. Si au départ l'idée de la fragrance repose sur la pivoine, ce sont des fruits rouges (groseille, grenade, cerise) qui lui donnent cette pêche. Mariage inattendu avec l'Eau Fraîche Muguet-Melon de Corinne Cobson. " Deux notes que j'aime, l'une éphémère, l'autre plus durable " (Club des Créateurs de Beauté).

- Orange pressée.
Le fruit comme la couleur est à la mode. Deux maisons le mettent en bouteille. Azzaro avec Orange Tonic, à l'orange amère de Floride et au trio d'huiles essentielles. Hermès ajoute jus d'agrumes et infusion apaisante à son Eau d'Orange Verte.

- Orange bigarade.
Cette variété d'orange amère, spécialement distillée pour Cologne Bigarade (Éditions de Parfums, Frédéric Malle), vit une nouvelle aventure avec Bigarade Concentrée. Une eau âpre, fine, typée. Subtiles : les eaux de fleurs Divinement odorantes, leurs fragrances restituent des senteurs nature familières. Fleurs des champs ou fleurs opulentes, la nouvelle cueillette.

- Vertes prairies.
" Le souvenir des prairies italiennes a inspiré ma nouvelle fragrance, explique Popy Moreni. Mais attention : pas des prairies trop parfaites, non, des étendues sauvages d'herbes folles d'où s'échappent les taches colorées des fleurs des champs. " On respire cette ambiance dans Popy au jus vert-tige dans un flacon vert, lui aussi. Ultime détail, le décor floral de l'étui, variable selon la taille du flacon (du plus petit au plus grand : étui marguerite, coquelicot ou bleuet).

- Du lilas au réséda
. La nature recréée est généreuse. Yves Rocher a fait pousser dans sa ligne Plaisir Nature : Pur Désir de Rose, de Lys ou de Lilas, trois senteurs de grand frais. Parmi les fleurs toutes simples : Le Chèvrefeuille des parfums Annick Goutal, au sillage suave et miellé ; White Reseda de Roger & Gallet ; Magnolia de L'Occitane.

- L'esprit de la jonquille.
Depuis plus d'un siècle, Daum " parle de fleurs " à travers ses fameux objets en pâte de verre. " Il était temps que nous nous intéressions à leur esprit, c'est-à-dire à leur fragrance ", explique Henry de Quatrebarbes, le p-dg. L'idée de départ ? La collection Jonquille déclinée en coupes, bijoux, vases. Le fusant, la gaieté de cette fleur correspondent à l'air du temps ; ses couleurs, vert et jaune, inspirent le flacon.

- La rose, toujours !
Inséparable des grands bouquets floraux, c'est sa facette " humide ", chargée de rosée matinale, qui intéresse les parfumeurs. À vérifier dans Escada Sentiment, Bazar de Christian Lacroix, Tendre Kiss de Lalique et Eau de Printemps Paris d'Yves Saint Laurent où la rose domine, aérienne comme une brume. Solaires : les eaux de plage Dès leurs premiers effluves de sable chaud, ces fragrances nous transportent en vacances ! Avec elles, l'été semble éternel...

- Le cœur grenadine.
La nouvelle eau de Paco Rabanne, Ultra Violet Aquatic Plastic, ceinturée du plastique orange fluo de sa collection Beach Wear, déborde de fruits rouges dont la grenade. Elle se savoure au bar de la plage en fin d'après-midi…

- Nouvelle vague.
Les fragrances à connotation marine ont de nouveau le vent en poupe. " Le côté embruns iodés est moins insistant que du temps d'Escape de Calvin Klein ou de New West d'Aramis. Il est traité de manière plus légère, transparente, d'où leur modernité ", explique Michel Almairac, auteur d'Aquawoman de Rochas. Ici, la fragrance suggère des impressions olfactives, celles de la criste-marine, de la fleur de corail, du bois flotté. Dans cette nouvelle vague : l'Eau de Mer de Lise Watier, à base d'eau de mer de Floride.

- Sur la Riviera.
Une carte postale des années 50 donne le ton : décor azuréen, jeune femme en maillot savourant le soleil... Il s'agit de la mère d'Agnès et de Françoise Costa, les têtes inspirées des parfums Fragonard. " C'est tout l'esprit de Riviera Riviera, dédié au mimosa sur fond boisé marin de pins parasols ", résume Agnès.

- Plage chic. Inspiré par la plage des Hamptons, un des lieux favoris de l'Américaine Bobbi Brown, Bobbi Brown Beach évoque " l'odeur de la peau bronzée, le parfum de la crème solaire de notre enfance ". Un joli souvenir !

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Mes cheveux font la tête!

Ils sont colorés, permanentés, brushés. Ils sortent de l'hiver et vont passer directement au soleil. Et vous voudriez en plus qu'ils soient en pleine forme ? Une seule solution : passez à la vitesse "soins" pour arborer fièrement votre coupe d'été.


J'ai le cheveu terne.



- Le conseil du dermatologue : " La brillance d'un cheveu dépend de l'état de sa cuticule, c'est-à-dire son enveloppe. Celle-ci est constituée de petites écailles qui s'imbriquent les unes dans les autres, comme les tuiles d'un toit. Si elles sont bien ordonnées, elles renvoient la lumière et c'est ce qui donne l'effet de brillance. En revanche, si les écailles sont soulevées, le cheveu devient terne ! Les causes : le soleil, les colorations, les permanentes, mais aussi la pollution, le tabac et le calcaire de l'eau qui se déposent sur la cuticule. "

- La réponse des laboratoires : " Les cheveux sont ternes s'ils sont abîmés et si l'on est fatigué. Quand on est en bonne santé, on a le "poil" brillant ! Autre cause : les shampooings mal rincés ", dit-on chez L'Oréal. Ainsi, il faut toujours émulsionner son shampooing avant le rinçage. Après avoir appliqué le shampooing sur les cheveux mouillés, on fait mousser. Puis on rajoute un peu d'eau et on recommence à masser, on répète cette opération deux ou trois fois et on termine par un long rinçage final à l'eau fraîche. En procédant de cette façon, toutes les salissures et les restes de shampooing sont éliminés. Chez Phyto, on conseille d'éviter les shampooings deux-en-un parce qu'ils se rincent moins bien que les autres. Ils contiennent souvent des silicones qui, à la longue, " asphyxient " le cheveu.


La solution produits : Tout pour la brillance


- Antipollution : ce shampooing restructure et donne du volume aux cheveux secs, colorés et asphyxiés par la pollution. Shampooing Régénération Capillaire Ozon'C, Lab. Santeri.

- Antistress : un cocktail vitaminé et riche en sucres, Shampooing Relaxant, Cycle Vital Anti-stress, Eugène Perma.

- Anticalcaire : Shampooing Énergisant à la pulpe de cédrat, Klorane. Pour un résultat optimal, appliquer ensuite le Baume Éclat Vitaminé ; Shampooing, Masque et Eau de Rinçage aux bioacides de fruits Shine, Expert, J.-M. Maniatis ; Shampooing, Baume Après-Shampooing et Vinaigre de Rinçage, Fioraventi, René Furterer ; Shampooing Doux, Neutrogena, qui élimine tous les résidus.

- L'avis du coiffeur : " Évitez les Brushing trop chauds qui ternissent le cheveu ", conseille Patrick Alès. Chez J.-C. Biguine, on a mis au point un soin aromatique Spécial Brillance.
Première étape : Shampooing pH neutre additionné de quelques gouttes d'Actif Pur Coup d'Éclat Brillance, un cocktail d'huiles essentielles de citron, bois de cèdre, ylang-ylang et patchouli.
Deuxième étape : masque avec l'Onguent de Fruit. Il contient des vitamines et des huiles naturelles de fruits. Un régal pour les cheveux affamés !

Enfin, Alain Divert commercialise son fameux soin au gingembre, une recette qui requinque et fait briller les cheveux fatigués et ternes. À essayer d'urgence : le Shampooing Tonique et le Masque Dynamique au gingembre.

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26/04/2015

Sur les chemins de Stevenson.

Qu'est-ce qui peut bien pousser un jeune écrivain de 28 ans à débarquer, un matin d'août 1878, au Monastier-sur-Gazeille? Bien loin de ces chemins peu fréquentés de Haute-Loire et de son Ecosse natale, on croise alors plus souvent Robert-Louis Stevenson, huit ans avant la publication de L'Ile au trésor ou de Dr Jekyll et Mr Hyde, dans les cafés du Quartier latin ou dans les ateliers d'artistes de Montmartre.

 

C'est le vide absolu, la solitude que l'homme recherche ici. Où, mieux que dans ces montagnes discrètes, vivre cette aventure initiatique, propre à effacer les tourments d'une relation amoureuse qui périclite?
Ce sont les histoires que lui comptait sa nourrice, Alison Cunningham, à propos des Covenenters, calvinistes et Écossais comme lui, acteurs courageux de luttes claniques sanguinaires, qui éveillent en lui ce désir de découvrir les Cévennes. Là même où se déroula, de 1702 à 1704, la guerre presque similaire des camisards, ses frères de religion engagés contre l'église catholique dans une lutte sans merci pour leur liberté de culte. D'ailleurs, n'appelle-t-on pas «le Désert» cette période de l'histoire protestante? La messe est dite; Stevenson partira pour les Cévennes.

Alors pourquoi entamer son périple au Puy-en-Velay, ou plus exactement au Monastier, à presque 100 kilomètres de ces Cévennes qui le fascinent? La solution est inscrite, cruelle et ironique, sur son imprécise carte du XIXe siècle qui localise les Cévennes... quelque part entre Carcassonne et Saint-Étienne.
Pour transporter le paquetage impressionnant de son voyage (dont une lanterne, un fouet à œufs et un revolver), il acquiert alors «pour 65 francs et un verre de brandy, une chétive ânesse, pas beaucoup plus grosse qu'un chien, de la couleur d'une souris»: Modestine sera du voyage.


A pied, à vélo ou, comme l'écrivain.

accompagné d'un âne de bât, «faire le Stevenson», comme on dit ici, c'est se fondre dans l'esprit de l'écrivain, dans son regard plein de tendresse, ses notes d'humour, sa formidable vision documentaire... Il faut deux jours pour parcourir le Velay. Après avoir traversé la jeune Loire au Goudet, le chemin flirte avec les «gardes», les volcans endormis, en surplombant comme à Landos des cratères impressionnants. La terre est rouge, fertile, et les cultures de lentilles rappellent Le Puy tout proche.

A partir de Langogne, peu après Pradelles la superbe, aux ruelles tortueuses, le basalte cède la place au granit, marquant l'entrée en Gévaudan. C'est dans ce pays que sévit pendant trois ans la fameuse Bête du Gévaudan, dévorant plus d'une centaine de personnes. Mais cet effrayant souvenir n'éveille en Stevenson qu'un vague sourire, en comparaison de sa visite timorée à l'abbaye trappiste de Notre-Dame-des-Neiges, qu'il décrit longuement dans son journal de route.

Ce n'est qu'après avoir escaladé les pentes boisées du Goulet puis traversé le village-rue du Bleymard que l'on aborde enfin le mont Lozère, lieu d'estives séculaire, sentinelle nordique des Cévennes, que Stevenson garde en ligne de mire depuis son départ. On renoue avec l'histoire en empruntant les chemins de transhumance, les drailles, jalonnées de hautes et fines pierres de granit: les montjoies. Passé le sommet du Finiels (1 699 m), un village, le Pont-de-Montvert. Stevenson effectue enfin son entrée en pays camisard.

Dominés par le temple le premier du voyage, la tour de l'Horloge et le pont qui enjambe le Tarn captent immédiatement l'attention du randonneur. C'est ici que débuta la terrible guerre des camisards, avec l'assassinat par Esprit Séguier de l'abbé Chayla. Aujourd'hui, c'est une route goudronnée qui s'enfonce courageusement dans la vallée du Tarn, vers Florac. Si le topo-guide préconise de le longer rive gauche, par la montagne du Bougès, l'option rive droite, par les versants ensoleillés du mont Lozère, semble plus judicieuse, rien que pour la cascade de Runes, les impressionnants chaos granitiques, le site mégalithique et les paysages étonnants des Bondons. De toute façon, le causse Méjean qui barre la vue à l'ouest finit par guider vers Florac et sa rivière miraculeuse venue des entrailles de la terre.

Il ne faut pas hésiter à fuir non plus la vallée de la Mimente, après Florac, où le bitume n'invite guère à la contemplation. Saint-Laurent-de-Trèves, Barre-des-Cévennes, Plan-de-Fontmort, Saint-Germain-de-Calberte... Des ruelles pittoresques qui s'immiscent entre les maisons de schiste, la vue s'étend loin, au fond des vallées où les fermes disséminées cultivent les traditions, à demi cachées au milieu des châtaigniers.

Après Saint-Germain, les gardons mènent progressivement en fond de vallée vers Saint-Jean-du-Gard, point final de ce voyage peu conventionnel. Dans la Grand-Rue, à quelques pas du Musée des Vallées cévenoles, les gens du pays indiquent l'anneau où Stevenson attacha Modestine une dernière fois, avant de la céder à un marchand, «pour 35 francs, avec la selle et tout le reste». Stevenson regrette déjà son ânesse, qu'il avait pourtant achetée à contrecœur: «Pendant douze journées, nous avions été d'intimes compagnons... J'avais perdu Modestine.» Mais trouvé au contact de la nature un sentiment tout aussi précieux: l'apaisement de l'âme. Stevenson peut alors voguer vers L'île au Trésor, vers l'accomplissement.